Archives de catégorie : Humeurs

Allaiter comme je veux. Vraiment ?

Dans ma boîte mail, le questionnaire de l’enquête à propos de l’allaitement maternel auquel j’ai accepté de participer. A la question « Votre bébé est-il toujours allaité au sein ? », je réponds non. Parmi les raisons à l’origine de cet arrêt, on me propose : la reprise du travail ; des crevasses-abcès ; des douleurs-engorgements ; un manque de soutien ; autre. Je coche donc autre. Et ajoute « plus envie ». Dans la partie remarques, je termine en leur suggérant d’ajouter l’entrée « envie d’arrêter même si tout allait bien » à leurs propositions. Histoire de faire déculpabiliser les mamans.

FullSizeRender-1Car oui, une partie de moi s’est sentie coupable de vouloir passer au biberon alors que tout se passait merveilleusement bien au sein. Je connais les bienfaits de l’allaitement. Et c’est vrai que donner le sein procure de merveilleux moments d’échange. Mais si j’ai aimé le faire, j’ai aussi été heureuse de « récupérer » mes seins. Et le biberon, si on veille à éteindre la télé et à ne pas consulter son smartphone, est aussi un merveilleux moment d’échange. Toujours est-il que si j’avais reçu ce genre de formulaire en plein sevrage, ça n’aurait rien arrangé à mon malaise passager.

Les mamans qui ont envie d’allaiter malgré les obstacles ne sont pas encore suffisamment aidées. Mais pour ce qui est de laisser chacune vivre son sevrage (ou son non-allaitement) comme elle l’entend, là aussi il y a du boulot.

 

De l’importance d’avoir une bonne pharmacienne

Samedi après-midi. Comptoir d’une pharmacie montpelliéraine.

La dame âgée : « Je dors très mal, je voudrais quelque chose de naturel ».

La pharmacienne : « Tenez, de la passiflore, ça va vous aider à mieux dormir ».

La dame âgée, l’air vraiment désolé : « Je dors tellement mal, si vous saviez ».

La pharmacienne : « Dans ce cas la passiflore ne suffira peut-être pas, c’est quelque chose de léger. Mais dites-moi, qu’est-ce qui vous empêche de dormir ? »

La dame âgée : « Il y a des jeunes dans l’appartement de dessous. Ils font du bruit tous les soirs ! J’en ai parlé au syndic, les jeunes ont répondu que la vieille n’avait qu’à dégager. Si c’est pas malheureux d’entendre ça… »

La pharmacienne : « Je comprends, ce n’est vraiment pas drôle. Tenez plutôt que de la passiflore je vais vous donner un peu d’homéopathie pour vous aider à vous détendre. J’espère que ça va s’arranger. Et surtout vous me tenez au courant d’accord ? »

Et c’est une dame âgée visiblement déjà plus sereine, presque souriante, que j’ai vue ressortir de la pharmacie. Qui sait ? Peut-être même a-t-elle déjà un peu mieux dormi la nuit suivante.

Morale de l’histoire : quoiqu’on en dise, les pharmaciens sont des acteurs majeurs de notre santé et de notre bien-être. Du moins ceux qui prennent le temps de s’intéresser aux patients et non aux clients qui sont face à eux. Pourvu que ça dure.

L’écoute d’un pharmacien, c’est bien ! Illustration : Noé Bouclette

Mon ado, ce cocker

Pour décrire tout ce qui s’agite sous la carapace de nos adolescents, Françoise Dolto a inventé le complexe du homard. En préparant un article sur le sujet pour Destination Santé, je me suis rappelée qu’à la maison, je parlais plutôt des cockers. Quand ma fille se plaignait de son physique soit-disant disgracieux, je lui expliquais : « Les cockers, tu trouves ça super beau non ? Pourtant, quand ils sont bébés, leurs oreilles sont trop longues par rapport à la taille de leur corps. Ils ont l’air un peu bizarres mais c’est juste parce que tout ne pousse pas à la même vitesse. Bah pour les ados, c’est pareil. » Et pendant quelques instants elle retrouvait le sourire. Elle ne pensait plus à ce nez provisoirement trop grand pour son visage.

Vérification faite, Bill & Co ont des oreilles tout à fait bien proportionnées quand ils sont chiots. Je ne sais pas pourquoi j’avais cette image en tête. Mais qu’importe. Je me plais à penser que cette jolie comparaison l’a aidée à surmonter les affres de la puberté. Décrypter ensemble les photos des magazines en nous amusant à repérer les retouches photoshop a peut-être aussi joué. Tout comme l’autoriser à se maquiller comme elle l’entendait pour dissimuler son acné.

Homards, cockers ou séances de shopping mère-fille, tout est bon pour aider les ados à passer ce cap en douceur. L’essentiel est de ne jamais rompre le dialogue. Oh, et aussi, de ne pas leur acheter Le dico des filles 2014 à Noël. Pensant bien faire, vous leur donneriez à lire des informations santé erronées et une vision de l’existence pour le moins passéiste. Mais je ne vous en dis pas plus et vous invite à en lire la très bonne analyse de Mme Déjantée. Mieux vaut encore leur offrir un bon vieux Boule & Bill !

cocker roux